Les enfants travailleurs des rues

Le travail des enfants en Bolivie

L’existence d’enfants et d’adolescents travailleurs n’est pas un phénomène récent en Bolivie. La crise des années 80 s’est traduite par de nombreux conflits d’ordre économique, politique et social. Le secteur du travail informel a augmenté de manière considérable, touchant plus particulièrement les enfants et adolescents des couches sociales populaires. Cette situation est dûe notamment à :

  • La pauvreté : plus de 70% des familles vivent au dessous du seuil de pauvreté
  • L’exode rural : plus de 60% de la population vit en zone urbaine
  • La montée du chômage : plus de 11% de la population active
  • Le faible niveau d’instruction des parents : plus de 60% de la population abandonne l’école après l’enseignement primaire
  • La maltraitance familiale

On estime à 800 000 le nombre d’enfants travailleurs de 7 à 18 ans en Bolivie. Ils seraient plus de 2000 à Sucre. Ce chiffre augmente de jour en jour, et l’âge des enfants a tendance à baisser (travail dès l’âge de 5 ans).

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Cadre légal

Depuis Juillet 2014 la Bolivie autorise le travail des enfants dès l’âge de 10 ans !

C’est le premier pays a approuver ce « Code de l’enfant et de l’adolescent » baissant ainsi, dans certains cas, l’âge minimum légal en deçà des 14 ans requis pour travailler.

Ce code précise que les Boliviens de 10 à 14 ans auront le droit de travailler à leur compte, les plus de 12 ans pourront le faire pour une tierce personne. Avec deux conditions : que cette activité ne nuise pas à leur éducation et qu’elle ne soit pas dangereuse.

« Exceptionnellement, les services de défense de l’enfance (ensorias de la Ninez) pourront autoriser les enfants et adolescents de 10 à 14 ans à travailler à leur compte et les adolescents de 12 à 14 ans à travailler pour une tierce personne, à la condition que cette activité ne nuise pas à leur droit à l’éducation et qu’elle ne soit pas dangereuse », indique le texte de loi adopté par les parlementaires, au grand dam des nombreuses institutions opposées au travail des enfants.

Ce code constitue une grande avancée, car la loi doit s’adapter aux réalités nationales. En Bolivie, selon des données officielles datant de 2012, plus de 850 000 enfants travaillent, soit 17,5 % des 7 à 17 ans, la majorité (72 %) en zone rurale.

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Les NATs (Niños y Adolecentes Trabajadores ou enfants et adolescents travailleurs) sont des mineurs (de 6 à 18 ans) qui ont une famille et une maison, mais qui doivent travailler pour aider leur famille à survivre, ou pour améliorer leur quotidien. Ils sont vendeurs de journaux, travaillent au cimetière pour laver les tombes, en faciliter l’accès à l’aide d’échelles et guider les touristes. Ils lavent les voitures, cirent les chaussures, vendent des sacs en plastique, des salteñas(beignets) ou des boissons dans les lieux fréquentés. Ils sont porteurs de valises à la gare routière ou à l’aéroport, les « voceadores » crient les destinations des microbus…

Les NATs assument des responsabilités trop lourdes pour leur âge, puisqu’ils doivent rapporter des revenus financiers à leurs familles, s’organisent pour allier travail et scolarité, et doivent se défendre dans l’environnement agressif de la rue.

Les NATs souffrent d’exploitation, des moqueries et des mauvais traitements. Ils ont souvent honte de leur travail et de leur condition sociale, qui ne leur offre pas les mêmes opportunités que d’autres.

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Réflexion a propos du travail infantile

En Bolivie, la crise des années 80 s’est traduite par de nombreux conflits d’ordre économique, social et politique. Le pays a connu une forte augmentation du chômage ainsi qu’une baisse de la qualité de vie et des aides sociales.

Le secteur du travail informel a augmenté de manière considérable. Tous ces changements ont entraîné l’entrée d’enfants sur le marché du travail informel afin d’assurer leur subsistance.

S’il existe des situations face auxquelles il est facile de prendre position contre le travail infantile, notamment dans les cas de l’esclavage, de la prostitution ou de l’exploitation manifeste des enfants, il en est autrement en ce qui concerne la situation des NATs indépendants de Sucre, cas qui mérite une réflexion plus approfondie.

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Dans les pays andins, deux théories s’affrontent:

– La première, défendue par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et suivie par la majorité des gouvernements, cherche à éliminer les formes de travail les plus déplorables pour tous les enfants, à améliorer les conditions de travail des 15-19 ans et à éradiquer le travail des moins de 14 ans.

– La seconde théorie, dite de « valorisation critique du travail infantile », met en avant le droit des enfants à travailler lorsqu’ils n’ont pas d’autre alternative pour avoir accès à leurs droits fondamentaux (alimentation, éducation, santé, logement), mais cherche à améliorer les conditions de travail de ces enfants et à défendre leurs droits.

Dans les sociétés du Sud, dépourvues de protection sociale, leurs revenus viennent aussi partiellement amortir l’insécurité des familles : la perte d’activité ou le départ du chef de famille, une mauvaise récolte, un désastre naturel, l’arrivée d’une maladie ou tout autre aléa de la vie suffisent à mettre les enfants au travail.

de plazapoetsers

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